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winterhalter - Le blog Russie de Lizotchka

Culture, histoire, Saint-Pétersbourg...

Félix YoussoupovMémoires(Editions du Rocher, 2005, p. 33):

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Franz Xaver Winterhalter ne s'est surement jamais rendu en Russie, mais ce n'est pas grave: l'aristocratie russe voyageait alors beaucoup. On ne se lasse pas d'admirer ses portraits si romantiques: par exemple celui de la princesse Tatiana Alexandrovna Youssoupov, née comtesse de Ribeaupierre (Paris, 1858). Ce portrait m'a intriguée à cause des diverses versions existantes. On les doit toutes les deux à Winterhalter. Varvara Rimski-Korsakov). Le portrait de Tatiana Youssoupov fait quant à lui partie des collections de

depuis 1925 (exposé au deuxième étage du palais d'Hiver, peinture française) et provient probablement du

palais des Youssoupov sur le quai de la Moïka, à Saint-Pétersbourg (sur une

, on le voit dans le salon de musique). D'autres oeuvres de Winterhalter à

l'Ermitage:

.

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Ribeaupierre(Rappolstein) est originaire d'

Alsace. Le grand-père de Tatiana Alexandrovna s'est établi en Russie. Tatiana est la fille cadette du diplomate Alexandre de Ribeaupierre et de Catherine Potemkine (de la famille du célèbre favori de Catherine II). Elle est née à Lucques en Italie en

1828. Elle a épousé le prince Nicolas Borissovitch Youssoupov, son cousin germain. Ils ont eu trois enfants:

Boris, mort en bas âge,

Zénaïde(1861-1939), et

Tatiana, morte du typhus à 22 ans. La santé fragile de Tatiana Alexandrovna l'a entraînée à faire de fréquents et longs séjours dans les villes d'eaux et en Suisse, où elle possédait la

"Villa Tatiana" à Crans-près-Céligny, au bord du lac Léman. C'est là qu'elle est morte, en

1879. (Source: Jacques Ferrand,

Les princes Youssoupoff & les comtes Soumarokoff-Elston, Paris, 1991)

Un autre portrait de la princesse par Winterhalter, qui doit dater de la même époque, voire des mêmes séances de pose. Il est considéré comme postérieur à l'autre. La différence la plus flagrante est que la princesse porte un magnifique

diadème "Lovers knot" de perles et de diamants. La princesse porte aussi

le ruban de l'ordre bavarois de Thérèse et le chiffre de dame d'honneur sur l'épaule gauche.

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Le diadème a fait partie des cadeaux reçus par la princesse

Irina Alexandrovna de Russieà l'occasion de son mariage avec

(le petit-fils de Tatiana Alexandrovna), en 1914. Caché dans un palais de la famille (celui de Moscou surement) au moment de la révolution, découvert par les bolchéviks en 1925, on ne sait pas ce qu'est devenu ce diadème (des précisions

).

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"Lovers knot", "noeud d'amour". Un des plus célèbres est le diadème de la famille royale britannique que portait souvent

(elle l'avait reçu en cadeau pour son mariage).

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Arkhangelskoïé, le merveilleux domaine des Youssoupov dans la région de Moscou. On peut d'ailleurs voir le tableau sur cette photo du cabinet du prince à Arkhangelskoïé. Le portrait a peut-être été placé aussi dans le palais Youssoupov de Moscou, Bolchoï Kharitonievski péréoulok.

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évoque sa grand-mère dans ses

Mémoires(Editions du Rocher, 2005, p. 33):

"Je n'ai pas connu ma grand-mère maternelle. Elle était, m'a-t-on dit, bonne, intelligente et spirituelle. Elle devait, aussi, être belle, si l'on juge par le ravissant portrait que Winterhalter a fait d'elle. Elle aimait à s'entourer de ces comparses que nous appelons en russe "prijivalky", personnes dont les attributions sont mal définies, mais qui se rencontrent dans bien des vieilles familles où elles font partie de la maisonnée. Une certaine Anna Artamonovna avait ainsi, pour unique fonction, la surveillance d'un très beau manchon de zibeline que ma grand-mère gardait en réserve dans un carton. Anna étant morte, ma grand-mère ouvrit le carton: le manchon avait disparu. A la place était un billet, de la main de la défunte:
"Pardonne, Seigneur Jésus-Christ ! Fais grâce à ta servante Anna, pour ses péchés volontaires ou involontaires."
Ma grand-mère veilla tout particulièrement à l'éducation de sa fille. A sept ans, ma mère était déjà rompue à l'usage du monde; elle savait accueillir les visiteurs et soutenir une conversation. Un jour que ma grand-mère attendait la visite d'un ambassadeur, elle le fit recevoir par sa fille encore tout enfant. Ma mère se mit en frais, offrit du thé, des biscuits, des cigarettes... Peines perdues ! Le visiteur, qui attendait la maîtresse de maison, ne prêtait pas la moindre attention aux avances de cette petite fille et ne disait pas un mot. Ma mère se trouvait à bout de ressources quand, prise d'une inspiration soudaine, elle demanda: "Peut-être voulez-vous faire pipi?" Du coup, l'ambassadeur se dégela. Ma grand-mère qui entrait au même moment, le trouva riant aux éclats."

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