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Умом Россию не понять,
Аршином общим не измерить:
У ней особенная стать -
В Россию можно только верить.

Nul mètre usuel ne la mesure,
Nulle raison ne la conçoit.
La Russie a une stature
Qui ne se livre qu'à la foi.

Fiodor Tiouttchev (1866)

 

 

Да, и такой, моя Россия,
Ты всех краев дороже мне.
А. Блок


Люби Россию, ибо она мать твоя, и ничто в мире не заменит тебе её.
Казачья заповедь

 


Праздники России


 
30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 23:30


La mise à l'écart par Medvedev de Youri Loujkov à Moscou me rappelle une histoire survenue à Saint-Pétersbourg en 2003 avec notre maire-gouverneur de l'époque, Vladimir Yakovlev, obligé de quitter son poste avant la fin de son second mandat. Que s'est-il passé ? Petit flash-back.


Yakovlev, juin 1996: la victoire sur Sobtchak... et Poutine


vladimir-yakovlev-st-petersbourg.jpgSource photo: rospres.com

Vladimir Anatoliévitch Yakovlev, né en 1944 en Yakoutie, ingénieur de formation, devient maire-adjoint de Saint-Pétersbourg en 1993, dans la même équipe qu'un certain Vladimir Poutine. Lorsque les élections se profilent à l'horizon, il décide de faire cavalier seul et de se présenter contre le maire sortant, Anatoli Sobtchak.
Cela ressemble à une trahison, mais après tout, ce sont les électeurs qui décident. Vladimir Poutine, alors adjoint au maire, aurait traité Yakovlev de "judas". Tout cela est bien décrit dans le livre d'entretiens de Poutine qui a été publié en 2000 à la veille de sa première élection comme président de la Fédération de Russie: A la première personne. Poutine parle longuement de la campagne et de la défaite de 1996, surement un des moments les plus éprouvants de sa carrière. Il est clair dès le début que les élections s'annoncent difficiles pour le maire sortant. Poutine y voit "la main de Moscou". La campagne de dénigrement qui conduira Sobtchak à s'exiler est déjà en marche. Les efforts entre les deux tours restent vains. Vladimir Yakovlev est élu gouverneur de Saint-Pétersbourg en 1996, en battant au deuxième tour le maire sortant Anatoli Sobtchak, avec 47,5% contre 45,8%.

sobtchak-poutine-spb.jpg.jpg
Anatoli Sobtchak et Vladimir Poutine
Photo publiée dans: От первого лица: разговоры с Владимиром Путиным. - М.: Вагриус, 2000.


Les conséquences de cette défaite sont énormes, mais personne ne peut le deviner à cette époque. Poutine, inconnu du grand public, est obligé de continuer sa carrière à Moscou et son ascension commence...



Février 2000: mort d'Anatoli Sobtchak

poutine-obseques-sobtchak-2000.jpg
Source photo: Wikipédia

Poutine devient Premier ministre d'Eltsine, puis président par intérim et il commence à chercher des poux à Yakovlev. Sobtchak revient lui de son exil parisien. Il meurt d'une crise cardiaque alors qu'il est en déplacement dans la région de Kaliningrad dans le cadre de la première campagne présidentielle de son ancien protégé. Aux obsèques, on voit un Poutine très ému, au bord des larmes. Poutine accuse les détracteurs de Sobtchak d'avoir miné sa santé et précipité sa mort. Yakovlev faisant partie des gens qui ont persécuté Sobtchak selon lui... on devine les sentiments de Poutine à son égard. La veuve de Sobtchak, la très médiatique Lioudmila Naroussova, demande d'ailleurs à Yakovlev de ne pas venir aux obsèques de son mari, ce qui prouve que la tension n'est pas retombée, 4 ans après la défaite.



Yakovlev, mai 2000: réélection au premier tour

yakovlev-poutine-spb-russie.jpgSource photo: kommersant.ru

Une proche de Poutine, Valentina Matvienko, tente de se mêler à la bataille, mais son heure n'est pas encore venue et elle préfère se retirer. Yakovlev débute un second mandat... qu'il ne terminera pas.


Yakovlev, juin 2003: l'éviction

yakovlev-poutine-matvienko.jpg
Yakovlev, Poutine et Matvienko lors des festivités du tricentenaire de Saint-Pétersbourg. On en parle depuis des mois, la succession de Yakovlev est assurée et imminente ! 
Source photo: itogi.ru

Les festivités du tricentenaire sont à peine terminées que Yakovlev reçoit une proposition alléchante de prime abord: une place au gouvernement (qu'il gardera quelques mois). Obligé, contraint, il accepte, remercie Poutine devant les caméras (la mort dans l'âme visiblement) et quitte Piter. Aucun doute à l'époque: c'est la vengeance de Poutine qui, c'est de notoriété publique, ne peut pas le sentir. On peut noter qu'à l'inverse, Poutine est toujours resté fidèle à ceux qui faisaient partie du clan Sobtchak en 1996: Alexeï Koudrine (né en Lettonie, hein Gilles !) par exemple qui, contre vents et marées, conserve son poste de ministre des Finances depuis plus de 10 ans !


Octobre 2003: élection de Valentina Matvienko avec le soutien de Poutine

matvienko-valentina-spb.jpgSource photo: rospres.com

La popularité de Poutine est si grande que j'ai toujours eu l'impression que n'importe quel candidat avec son soutien serait élu. Un cheval serait élu si Poutine le soutenait. Mais à Piter, à cette époque, il ne devait pas être trop sûr de lui. Sa candidate, Valentina Matvienko, risquait de perdre si Yakovlev se présentait contre elle. VVP a néanmoins réussi à faire élire une femme, ce qui n'est pas une mince affaire en Russie
(même sans adversaire sérieux), croyez-moi. Surprise de la chef, fin 2006, sans attendre la fin de son mandat, Matvienko envoie une lettre de démission au président Poutine... qui la renomme gouverneur de la ville. Désormais, les Pétersbourgeois ne peuvent plus élire leur gouverneur comme avant. C'est le président qui propose un candidat à l'Assemblée législative de la ville. Comme ça, aucune mauvaise surprise du type "défaite 1996". Je vous le dis, Poutine est rancunier !


Que devient Yakovlev ?


La carrière de Yakovlev après son départ forcé de la mairie est mouvementée, mais il n'est pas à plaindre non plus. Il est souvent la première victime de remaniements ou démissionné. Il aurait surement préféré rester à Pétersbourg en 2003, mais il poursuit depuis une carrière honorable (gouvernement, administration du président...). Quant à Poutine, il n'oublie pas son mentor Anatoli Sobtchak et ne rate aucune occasion d'honorer sa mémoire.



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commentaires

tiot le chti 07/10/2010 16:35



salut


ben ouais c'est comme partout


bonne soirée



Sekhmet 03/10/2010 19:24



Je viens de découvrir ton blog... et je vais y revenir. Surtout parce qu'il parle du pays que j'aime plus que tout ...


Dans ce qui est l'éviction de Loujkov... je ne reviendrais pas sur la manière, ce qui peut être discutable. Je pense simplement que ça augure d'une jolie petite guerre entre Medvedev et Poutine
dans le future...



LIZOTCHKA 03/10/2010 19:43



Je pense qu'ils se mettront d'accord sans se livrer une guerre ouverte. Pour moi, Poutine a une longueur d'avance sur Medvedev, mais en Russie, on ne sait
jamais...



Louise 03/10/2010 13:33



Super ton blog, vraiment très intéressant pour nous qui ne connaissont pas très bien la Russie.


c'est quoi alors qui est plus chaud que le vison ?


biz :)



LIZOTCHKA 03/10/2010 19:32



Merci ! Je vais suivre vos aventures dans la Russie profonde.

La zibeline, le renard, le castor, le chinchilla ou le mouton, par exemple, sont plus chauds que le vison, si je me souviens bien. Mais un manteau en vison, cela reste un rêve pour une femme
(surtout russe!).



Gilles 01/10/2010 03:24



Le plus triste dans tout ca, c'est que personne ne "pense" a demander l'avis de l'electeur.


Dieu sait que je n'avais pas de sympathie pour Loujkov, qui avait tendance a dire trop haut que la ou il y avait des Russes c'etait la Russie (Crimee, Lettonie - ou il etait encore recemment).
Mais il etait indeniablement populaire (parce que populiste ?). Son eviction, comme celle de Yakovlev, ou celle d'autres gouverneurs, ou encore la selection entre "bons" et "mauvais" oligarques
(cf. Khodorkovski), n'est pas digne de la democratie que voudrait etre (et que pourrait etre) la Russie.


Alexeï Leonidovitch Koudrine est effectivement ne a Dobele, une petite ville de Courlande, alors en RSS de Lettonie. Mais son nom ne sonne pas bien letton .....


 



LIZOTCHKA 01/10/2010 21:17



Et ce qui est le plus surprenant en Russie, c'est que personne ne proteste contre ces atteintes manifestes à la liberté. Quand on parle de démocratie en Russie, on a d'ailleurs l'impression de
dire un gros mot. La démocratie n'est pas une valeur. Pour les Russes, c'est le synonyme des années 1990 (mauvais souvenir collectif). Beaucoup de Russes parlent de la démocratie, démokratiya, en
disant la "dermocratie", dermokratiya, du mot "dermo" qui signifie, comment dire poliment... les excréments! Ils aiment un pouvoir fort et viril. Et si les Russes se plaignent de tous leurs
problèmes quotidiens (ils sont lucides sur ce plan), ils n'accusent pas pour autant le pouvoir en place.